Le jeudi 17 mai se tenait, en direct de l’école de musique Jean-Wiener à Vénissieux, une soirée de restitution littéraire clôturant la résidence de la poétesse lyonnaise Laura Tirandaz. L’Espace Pandora organisait cet événement avec main de maître, devenu incontournable chaque année parmi les temps culturels forts de la ville de Vénissieux.

Ce soir de fête était un lieu de restitution des ateliers auxquels je participais cette année encore, sur la médiathèque vénissiane pour ma part.
J’ai lu un extrait de ce poème, Je t’écris, partageant avec le public présent mes images et mes sensations fixés dans l’encre d’un voyage immobile en pays portugais.

Restitution aussi, dans toutes ses émotions, de ses ateliers vécus par Laura Tirandaz, muse et guide de nos visites intérieures.
Cette jeune poétesse nous a ensuite embarqués dans un voyage au pays de ses mots à elle.
Voyage coloré. Voyage imagé. Voyage sonore. Voyage en textures et en essences dans un monde de ses vies.
Elle était accompagnée pour l’occasion par deux talentueuses musiciennes : Aëla Gourvennec au violoncelle et Mélissa Acchiardi à la batterie.

Nous avons étiré ce voyage de l’intérieur, fermant les yeux, buvant les mots et les notes qui s’entremêlaient avec talent et joie de vivre, partageant les émotions dans nos sourires et les yeux qui pétillent.

Je tiens à remercier, une fois de plus, et c’est tellement peu : L’Espace Pandora qui a rendu cette résidence logistiquement possible (merci Barbara et Thierry !). Merci aussi à la médiathèque qui a accueilli nos instants partagés. Merci encore à tous les participants des ateliers qui sont autant de personnes venues se dévoiler un peu plus dans leurs mots à elles. Merci à mes compagnons de voyages qui m’ont écoutée, que j’ai écoutés, lorsque nous nous confions nos écrits. Merci à la ville de Vénissieux qui permet la magie de ces instants en nous accueillant dans tant d’espaces.
Et merci enfin, tout naturellement, à Laura qui nous a ouverts à une approche différente de l’écriture, à d’autres mariages, d’autres possibles, remplis de sa douceur et de sa passion communicative.
Oui, merci à tous !

Et pour clore le chapitre, je vous offre un instant encore ces quelques mots cueillis au fil du voyage immobile d’un temps où Je t’écris. Il lui manquera – certes – sous cette forme mon phrasé, ma parole accordée aux images que je vous envoie. Il en reste pour autant l’essentiel, inscrit dans l’encre de mon souvenir indélébile …
(…)
Dine est cette image séculaire d’une terre jaune battue par les vents et le labeur des hommes, douloureusement.
Terre qui accueille les aïeux à leur fin, dans du sable que seules les larmes arrosent.
Tellement de silence, tellement de peu, un îlot perdu dans l’abîme des terres.
Assise près du vieux four à chaux, mes doigts émiettent un brin de thym sauvage, frêle et sèche racornure. De ces quelques feuilles, miracle de la nature, un parfum puissant émane qui traverse les siècles, les heures, les temps ; parfum en reliance d’hier à aujourd’hui.
(…)
Et c’est moi que je retrouve, les pieds enfoncés dans la misère de cette terre.
Je retrouve des racines, je retrouve une essence ; mélange d’essentiels quand il ne me reste plus rien.
(…)
Les hommes passent dans des cycles incessants.
Je suis un de ces passants qui s’arrête un instant.
Une pause, nécessaire.
Cette lettre accueille un peu de la terre qui s’envole, quelques feuilles de thym, et puis les mots que mon encre ramasse.
Doux instants fixés dans l’éternité de ce réceptacle de papier.
Cette lettre ne partira pas, elle n’a pas de destinataire.
Je fixe en elle une parenthèse, exilée sur le fil d’un espace et d’un temps qui furent miens, solitaire.