Mes racines sont aquatiques,
Dans la rivière de mon enfance.
Il y est une source de fraîcheur,
Ondée douce et miroitante,
Dansante de feux de lumière dense,
Chantante de clapotis d’eau à pierre…
Dans une continuité d’éternité où, déjà,
Je trempais mes petites mains,
Caressant les algues, courant sur la crevette
Qui s’enfuyait de vert à pierre,
Portant sur son flanc un tout petit bébé
Que mes yeux affûtés d’alors admiraient.

Les petits ont disparus,
Emportés comme leur tendre maman
Dans une eau moins fraîche, moins épurée
Qui alors me désaltérait,
Qu’aujourd’hui je n’ose plus goûter.
Ces chères crevettes appartiennent à mon temps d’enfance,
Celui des souvenirs que cette source ravive,
Elle, toujours agile,
Scellée à sa place d’éternité.