La résidence poétique de Samira Negrouche s’est terminée le 18 mai dans la joie et le bonheur de mots partagés, lors d’une soirée de clôture organisée au cinéma Gérard Philippe à Vénissieux.
L’Espace Pandora, organisateur avec la ville de Vénissieux, a rassemblé pour l’occasion les différents ateliers ayant participé à la résidence, sur les différents quartiers de la ville.
Chacun pouvait lire quelques mots qu’il avait écrits, sur fond projeté de diaporama souvenir.

Avec cinq autres participants de l’atelier Médiathèque, nous avons bouclé ce temps de restitution avant de laisser place aux lectures de Samira accompagnée du joueur de théorbe Bruno Helstroffer. Instants magiques arrêtant le temps…

Pour l’occasion, j’ai choisi de lire J’ai entendu dire que je vous fais découvrir aujourd’hui dans son texte intégral.
Ce poème se place dans la continuité de Le Prétexte, en écho à la série de sculptures Sois belle, Rohibius, Down Aurora et Diyalmemto.
Je l’ai écrit comme une urgente nécessité. Je vous laisse le soin de le lire et de l’appréhender avec votre propre sensibilité.

Un grand merci à Samira pour tout ce verbe dont j’ai retenu sa fluide musicalité, à L’Espace Pandora dans lequel nous avons tous évolué, à la Médiathèque qui a contenu nos échanges partagés, et à la ville de Vénissieux sans laquelle nous n’aurions tout simplement pas pu nous rencontrer.

 

J’ai entendu dire

J’ai entendu dire
Que le rire était ma maison
Sans vraiment de porte
Joyeuse occupation

J’ai entendu dire
Les envolées de tout, de rien,
Comme un livre ouvert
Qu’on a lu, qu’on connaît

… Par cœur

Par cœur, il faut savoir lire
Entre les mots, entre les rires,
Derrière les miroirs
Ce qu’ON ne veut voir.

J’ai entendu dire
Que j’étais la faute
Que j’étais la coupable
Qu’il n’y avait que moi

J’ai entendu dire aussi
Mon cœur mis à nu
Mon corps abîmé
Mon âme cabossée

… Las

C’était peu mieux lire
Au creux de mes pensées
Les mots panseurs, guérir,
Les mots réparer.

J’ai entendu dire enfin
Le temps au passé,
Les mots devenir,
Sortir, respirer

… Et rire encore

Méfiez-vous des rires
Qui n’ont pas de temps,
Aussi des soupirs,
Des efforts si voyants.

J’ai entendu tout cela uniquement avant
Quand ON disait : « C’est du passé »

Et je m’entends vous dire
Restez vigilants
Les maux peuvent s’enfuir
Mais aussi, se tapir dedans !