Petite bulle posée sur le cours de ma vie, je me suis accordée une pause nivernaise.
Espace-temps où me ressourcer, au calme serein d’une vie sans réseau.
Du bonheur, du vrai, aux retrouvailles des miens, et toujours au fil de ma chère rivière, celle qui a bercé ma douce et tendre enfance.

Les pierres se souviennent, toujours à leur place.
C’est la nature autour qui change, ensablant mortellement le lit des poissons qui partent de plus en plus loin pour ne plus revenir. Plus de place au fond de l’eau qui affleure le ciel, quelle tristesse !
Mes baignades appartiennent à mes souvenirs d’antan, j’ai au moins le plaisir de tremper quelques orteils, faute de plus !

Il n’empêche, le ciel est toujours là et les hirondelles dansent en son miroir, d’infinité, d’éternité. Que de magie dans les ballets des couples revenus qui tissent leurs nids, pour l’heure, avant de les remplir de vie. Elles sont encore là, certes moins nombreuses, et je loue leur beauté qui incruste de perles noires le ciel d’azur de Brèves, sobre et serein.

Tableau de nature dans son éternité, éphémère et changeant, dansant au fil de nos vies qui passent, inscrit dans mes chairs comme un oxygène nécessaire, auquel je suis liée à distance et qui vit à travers moi, au-delà de moi, là-bas, si près et si loin à la fois…